LA RÉFORMATRICE DU CARMEL

SAINTE THÉRÈSE D'AVILA

15 octobre

 

L’Ordre du Carmel a fêté, le 28 mars 2015, le 5ième centenaire de sa fondatrice, sainte Thérèse d’Avila, première femme docteure de l’Église.

 

Pour souligner cet évènement, une  année  spéciale  

nous a permis de présenter cette grande figure de l’Église qu’est Thérèse de Jésus : celle que nous aimons appeler avec tendresse et reconnaissance: notre mère sainte Thérèse.

 

 

1. Que nous apporte, à nous, religieux, religieuses et laïcs de l’Ordre du Carmel, ce centenaire?

 

En préparation de ce grand événement, nous avons été invités à relire les œuvres de sainte Thérèse, selon un guide de lecture commun. Ainsi nous avons étudié :

 

- Le Livre de la Vie;

- Le Chemin de Perfection;

- Les Fondations;

- Les Demeures;

- Les Relations Spirituelles ;

 

Nous avons vécu un retour aux sources qui nous a permis d’approfondir le charisme carmélitain et, par conséquent, d’affermir notre vocation. Nous avons pu toucher, en quelque sorte, à l’intervention divine dans l’œuvre de notre Fondatrice.

 

   Je suis à toi, Seigneur,

Pour Toi je suis née,

Pour Toi je veux vivre

Que veux-Tu de moi ?

(Poème de sainte Thérèse)

 

Ce beau poème a été le fil conducteur de l’étude des écrits de notre sainte Mère. Nous rendons grâce pour ce centenaire qui nous a permis de revoir ce qui fonde notre vocation carmélitaine.

 

Thérèse encourageait ses carmélites à s’enraciner dans leurs origines. Elle leur disait:

 

«Jetez toujours les yeux sur la race des saints prophètes d’où nous descendons. Que de saints n’avons-nous pas au ciel qui ont porté cet habit ! Ayons la sainte présomption de leur ressembler avec la grâce de Dieu. » (Fondations, 29, 33)

 

Ce regard affectueux sur le passé suscite un renouveau de notre vie spirituelle et de la vitalité dans nos communautés.

 

Il faut maintenant que notre regard se déplace du passé vers le présent et l’avenir. Nous  nous  préparerons ainsi à célébrer non pas un « anniversaire de naissance », mais bien la naissance de celle dont nous avons encore à découvrir  qu’elle est  pour  nous et le monde une 

« Mère de vie spirituelle ».

 

2. Que peut apporter sainte Thérèse

de Jésus à notre monde du

XXl nième, elle qui a vécu au XV ième siècle?

 

- A quoi nous sert qu’elle ait été la sainte dans le passé?

 

- A quoi nous sert qu’elle ait été comblée des grandes faveurs de Dieu dont elle a témoignées ?

 

- A quoi nous sert qu’elle ait été aux origines d’un nouvel Ordre au        service de l’Église ?

 

Même si sainte Thérèse a vécu il y a cinq siècles, on peut voir en elle une contemporaine ayant une mission très actuelle dans l’Église : mission qui demande à être découverte.

 

Nous avons un héritage à recueillir qui nous vient de Dieu et qui nous est transmis par Thérèse sous la forme particulière qu’on nomme charisme.

  

3. Quel est le charisme du Carmel ?

 

Le charisme du Carmel est à la fois un charisme d’oraison et de service.

 

 

UN CHARISME D'ORAISON

 

Dès ses premières années de vie religieuse, Thérèse a découvert l’oraison : cette prière silencieuse qu’elle définit comme un commerce d’amitié avec Dieu. Elle parle de son expérience ainsi :

 

 

« Le Seigneur commença donc à m’accorder tant de grâces dans cette voie que je suivais, qu’il m’éleva à l’oraison de quiétude, quelquefois même à l’oraison d’union. » (Vie 4, 7)

 

Toute la vie spirituelle de Thérèse a été centrée sur cette forme de prière qu’est l’oraison. Elle en a expérimenté les diverses facettes. Aussi, peut-elle nous enseigner comment prier.

 

Accueillons donc à notre tour, ce charisme de l’oraison. Rendons ainsi présent, à toute l’Église, la réalité du don de l’eau vive promise par Jésus à la Samaritaine.

(cf. Jn. 4, 14; Chemin, 19, 2 ; 20, 1-2).

 

UN CHARISME DE SERVICE

 

Le service n’est pas un autre charisme, mais l’aspect complémentaire du charisme d’oraison. Ce dernier vécu en vérité, assure le service de Jésus par l’accueil et le don de l’amour divin à l’Église et au monde.

 

«L’oraison de quiétude est une grande grâce que le Seigneur fait à l’âme. La vie active et vie contemplative sont jointes. Elles servent à l’unisson le Seigneur.» (Chemin, 33, 5)

 

C’est ainsi s’engagement dans l’oraison qui contribue à faire naître de manière permanente le charisme confié par Dieu à sainte Thérèse et qu’elle nous confie maternellement pour notre temps.

 

SAINTE THÉRÊSE: UNE MERE DE VIE SPIRITUELLE

 

Thérèse, par sa maternité spirituelle, est l’image vivante de la paternité de Dieu. Le Seigneur avait révélé à David son amour de Père :

 

«Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » (2 S 7, 14).

 

Cette promesse a trouvé sa réalisation définitive dans le Christ. Cependant, elle se réalise toujours dans le temps de l’Église. Sainte Thérèse l’a bien compris, elle qui priait dans ces termes :

 

« Ô Fils du Père Éternel, Jésus-Christ notre Seigneur, véritable Roi de l’univers entier ! Qu’avez-vous laissé dans ce monde en héritage à nous, vos descendants? Qu’avez-vous posséder si ce n’est des travaux, des douleurs, des affronts ? Enfin, ô mon Dieu, si nous voulons être vos véritables enfants et ne pas renoncer à l’héritage que vous avez laissé, nous ne devons pas fuir la souffrance. » (Fondations, 1O, 11).

 

À l’image de son Seigneur, Thérèse a connu les souffrances de la maladie, des tentations et des combats intérieurs et extérieurs. À son tour, elle veut se faire témoin de l’amour qui a tant coûté à Jésus, pour répandre dans le monde cet amour qui lui a tant coûté à elle aussi.

 

Thérèse nous invite ainsi à entrer filialement dans ce mystère de maternité compatissante qui nous manifeste le prix de l’amour de Jésus pour nous.

 

Puissions-nous toujours, tout au long de notre vie, devenir ces enfants destinés à hériter du Royaume des Cieux en accueillant à notre tour la parole et l’amour de Thérèse qui deviendra ainsi pour nous une Mère.

 

 

En souvenir de cette année centenaire, nous vous invitons à cheminer avec nous en compagnie de Thérèse de Jésus, cette grande fondatrice, maîtresse de vie spirituelle et de prière.

 

 

 

 

 

 

 

UNE ANNÉE AVEC SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS.
UNE ANNÉE AVEC SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS.

UNE ANNÉE AVEC SAINTE THÉRÈSE DE JÉSUS.

 

 

L’accès à ses communautés est difficile, rare et postule beaucoup de patience, mais lorsque le carmel s’ouvre avec ses «copias», ses castagnettes, ses entretiens drôles et sérieux, on sent qu’une grande âme a passé par là et qu’elle y vit encore, joyeuse, déta­chée d’elle-même, en route vers Dieu.

 

«La mère fondatrice vient en récréation. Chantons et faisons du tapage».

Bonne compagnie avec la Madre.

 

 Chers amis, nous vous proposons une brève lecture sur cette Sainte, Docteur de l’Église, chaque mois avec son thème. Bonne lecture.

 

     

15 OCTOBRE :  Sainte Thérèse et Marie

 

Nous avons vu que Thérèse était la préférée de son père. Avec son frère Rodrigo, son préféré à elle, Thérèse lisait beaucoup des vies des Saints et rêvait de partir pour le pays des Maures’ afin d’y être décapitée. Voyant que cela était impossible, Rodrigo et Thérèse décidrent de devenir ermites. La jeune fille recherchait la solitude pour prier; elle récitait le Rosaire, une prière pour laquelle sa mère avait une profonde dévotion. Lorsque dona Béatriz mourut, elle n’avait que trente-quatre ans. Thérèse en avait quatoze. Dans les larmes elle supplia la Sainte Vierge d’être désormais sa Mère.

Son amour envers la Vierge Marie était profond et filiale.

Si par hasard vous vous trouvez à Avila au mois d’octobre, toute la ville est en effervescente  à cause d’Elles. la veille de sa fête, on porte la Relique de sainte Thérèse en grande procession joyeuse pour le déposer auprès de la Vierge Marie devant qui elle La supplia d’être sa Mère qui se trouve dans la Cathédrale pour la nuit.  Le lendemain, jour de fête, on le ramène au Monastère, à sa place habituelle parmi ses soeurs...

 

 

NOVEMBRE :  SAINTE THÉRÈSE ET LE PURGATOIRE

 

Thérèse était coquette, elle aimait plaire :’ J’étais très soucieuse de mes mains, de mes cheveux, de mes parfums.’ On dirait aujourd’hui, elle est commes nos jeunes, mais il y a quelques choses de plus d’après son autobiographie nous pouvons affirmer : sa beauté et le soin qu’elle avait de sa personne, la finesse de sa conversation, la douceur et l’honnêteté de ses manières l’embellissaient encore. De toute évidence, Thérèse plaisait.

Pendant un an et demi, Thérèse vécut dans le couvent des Augustines de Notre-Dame de Grâce afin d’y poursuivre son éducation. Elle aurait aimé savoir à quelle sorte d’existence Dieu la destinait, car si elle repoussait l’idée de devenir relifieuse, elle craignait également le mariage. Thérèse est indécise. .. Au contact avec son oncle Don Pedro, elle comprit une vérité entrevue dans son enfance, à savoir que TOUT N’EST RIEN.

C’est alors que, bien qu’elle ne voulût pas devenir religieuse, elle décida néanmoins de se’contraindre à adopter’ cet état qui lui sembla dès lors’ le meilleur et le plus sûr’ pour le destin de son âme.

Ne croyons pas que c’est fini.  Non, elle luttait contre elle-même car elle aimait le monde, mais elle tâchait de se convaincre en se disant que ‘les épreuves et les peines de la vie religieuse ‘ ne pourraient surpasser les épreuves et les peines du Purgatoire, et que ce serait peu de chose que de passet comme en purgatoire’ le temps qu’elle avait à vivre : J’irais ensuite droit au ciel, comme je désirais.’’

Quelque chose d’essentiel manquait cependant à Thérèse, un motif plus pur que la peur : L’AMOUR. Elle hésitait, elle était déchirée entre les attraits du ciècle et ceur de la vie religieuse. Un mot : elle connut de grandes tentations.

Nous sommes en 1535, Thérèse a vingt ans, elle se sent de plus en plus attirée vers le carmel de l’Incarnation où elle a ‘une grande amie’.  le 2 novembre au matin, elle s’y rend, accompagnée de l’un des ses frères. L’effort qu’elle doit fournir, le combat qu’elle livre contre elle-même est si violent que lorsqu’elle sort de sa maison paternelle sa souffrance lui semble plus grande que celle du trépas : ‘on eût dit que chacun de mes os se réparait des autres.’

Enfin, elle est au Monastère du Carmel en 1535.

 

 

DÉCEMBRE   :  SAINTE THÉRÈSE ET SA VOCATION AU CARMEL.

 

Thérèse de Jésus, la bien nommée

À Avila, 1534. Une jeune fille de 19 ans frappe à la porte du monastère des Carmélites.

Qu’elle a donc bel aspect ‘’La taille prise dans une basquine de velours, elle balance une

vaste jupe de taffetas orangé cernée de biais de velours noir’’.. Tout lui réussi dans le monde

où elle semble promise à un brillant avenir. Pour­quoi donc entre-t-elle dans ce monastère une année plus tard ?

 

Parce qu’elle a soif d’une eau que le monde est inca­pable de lui donner et que Jésus seul peut verser en son coeur, comme jadis Il le fit pour la Samaritaine. Ce Jésus, elle le découvre de plus en plus présent dans sa vie grâce à ce qu’elle appelle l’oraison et qui n’est autre

‘’qu’une conversation intime d’amitié fréquemment répétée dans le silence et la solitude avec Celui dont elle se sait aimée».

 

Thérèse prit d’Habit  le 2 novembre 1536, c’est-à-dire un an après son entrée au carmel.  Elle est maintenant, tout lui plaît dans sa nouvelle vie’’ Dieu transforma la séchesse de mon âme en immense tendresse’’. Elle ressent un soulagement profond, son âme s’allège, se dilate. Même lorsqu’elle balaye. Thérèse se sent délivrée du monde. Pourtant malgré cette joie, son année de noviciat est troublée par des interprétation erronnées auxquelles certaines de ses actions donnent parfois lieu.

Il y a au monastère une religieuse gravement malade qui a au ventre des plaies par lesquelles tout ce qu’elle mange est rejeté. Les autres religieuse regardent cette infirme avec crainte et dégoût, mais Thérèse admire sa patience de la malade et, surmontant de sa répugnant naturelle elle la soigne et la veille.

Un an après de sa Prise d’Habit, le 3 novembre 1537, Thérèse fait sa profession. À la question rituelle de la Prieure :

Que demandez-vous ?

Je demande la Miséricorde de Dieu et la compagnie de mes soeurs.

Puis Thérèse prononce ses voeux .  Mais dans semaines qui suivent sa Profession, la santé de Thérèse se détériore. C’est alors que son père don Alonso décide d’emmener sa fille ‘’en un lieu réputé pour la guérison d’autres maladies ; on lui dit que la mienne y guérirait aussi.’

FÉVRIER: SAINTE THÉRÈSE ET LA DÉCOUVERTE DE l’ORAISON CONTEMPLATIVE.

 

Nous avons vu que la santé de  sainte Thérèse se dététiora. Probablement affaiblie par les austérité de la nourriture du couvent, et surtout par la violence de son combat intérieur. On était très inquiet pour elle. Aussi, devant la gravité de son état et l’impuissance des médecins d’Avila que l’on avait consultés.

Au début de l’hiver 1538, Teresa part donc pour Becedas, ce lieu de cure réputé, en compagnie de Juana Suarez, sa « grande amie » carmélite. A l’Incarnation, nous l’avons dit, les religieuses ne faisaient pas voeu de clôture, c’est ainsi que Teresa et Juana furent autorisées à quitter leur couvent. La cure de Becedas ne commen­çant qu’au mois d’avril, Teresa passa quelques mois à Castellanos de la Cafiada, chez sa soeur Maria dont la maison était proche du lieu de cure. Entre Avila et Cas­tellanos, on avait fait halte à Hortigosa, dans la maison de l’oncle don Pedro, où Teresa avait séjourné quelques années plus tôt. Don Pedro offrit un livre à sa nièce, le Troisième Abécédaire de Fray Francisco de Osuna, un

franciscain. Il s’agissait d’un traité sur l’oraison. Teresa dira qu’à cette époque elle ne savait pas comment faire oraison ni comment se recueillir, et que ce livre la réjouit donc beaucoup, d’autant plus qu’elle aimait la lecture:

« Je me mis à rechercher les moments de solitude, à me confesser fréquemment, et à m’engager dans cette voie, avec ce livre pour maître. » Le Troisième Abécédaire souligne

-la nécessité de débarrasser son coeur,

-de faire en soi le vide pour laisser toute la place à Dieu. Il lui sera d’autant plus un maître que Teresa ne trouvera pas de confesseur capable de la comprendre, bien qu’elle en ait cherché « pendant vingt ans à partir de ce moment-là ». Chez sa soeur puis à Becedas, petit village entouré de collines pierreuses, Teresa faisait de grands progrès dans la pratique de l’oraison. Dieu lui accorda l’oraison de quiétude et quelquefois l’oraison d’union. Cette der­nière durait peu — « à peine, me semble-t-il, le temps d’un Ave Maria » —, mais ses bienfaits étaient immenses.

Teresa est intelligente, très intelligente, mais elle n’est pas douée pour l’abstraction: elle avoue qu’elle n’ar­rivait même pas « à évoquer et à représenter » en elle « l’humanité du Seigneur », bien qu’elle s’y efforçât. D’où l’importance, pour elle, de la lecture, qui lui ser­vait de support pour l’oraison: « Mon âme redoutait de faire oraison sans un livre autant que si elle avait eu àcombattre une foule nombreuse. »

 

CONVERTION

 

 

  Ce Jésus, de plus en plus exigeant, ne peut plus tolérer que le coeur de Thérèse reste encore trop attaché  à  certai­nes amitiés humaines qui, toutes irréprochables qu’elles soient, ‘’occupent’’ trop son affection, l’empêchant de se livrer pieds et poings liés à Celui qui s’est livré pour elle jusqu’à la mort. Il faut, autrement dit, que la brillante Dame Teresa de Ahumada y Cepeda, comme on l’appelle encore dans son monastère, devienne la brûlante et toute donnée Thérèse de Jésus. C’est ce qui arrive un certain jour de printemps 1554, alors qu’elle est en prière devant un Christ «tout couvert de plaies».

 

À partir de ce moment, sa vie n’est plus la sienne, mais celle de Jésus en elle, un Jésus qui lui devient de plus en plus présent au point qu’elle continue de rêver à Lui jusque dans son sommeil. Elle avouera un jour a son confesseur «qu’il était impossible d’imaginer une per­sonne plus énamourée d’une autre personne qu’elle ne l’était elle-même de Notre-Seigneur ; elle ne cessait de Lui parler ou de parler de Lui». Devant une telle avan­lanche de grâces, le coeur de Thérèse s’enchaîne de plus en plus à celui de son Ami divin, au point qu’elle ne recherche plus que «l’honneur» et «l’intérêt» de Celui-ci.

 

MARS : SAINTE THÉRÈSE ET SAINT JOSEPH

 

 

Saint Joseph est un des saints les plus honorés au Carmel. La plupart des grands de notre Ordre ont eu une dévotion particulière à l’époux de Marie.  Mais c’est notre Mère sainte Thérèse qui rendit saint Joseph si populaire et si précieux au Carmel. Non pas qu’avant elle on ignorât saint Joseph — les carmes ont toujours eu une dévotion spé­ciale pour celui qui fut si proche de Jésus et de la Vierge Marie —‘ mais Thérèse de Jésus, en bénéficiant de l’inter­cession de saint Joseph, puis en lui confiant la plupart de ses fondations et en laissant dans son autobiographie (ch. VI) un témoignage de sa dévotion, fit de lui le protecteur et le gar­dien du Carmel Réformé et cette protection ne s’est jamais démentie.

C’est comme thaumaturge que saint Joseph entre au Carmel. Thérèse est malade, bien malade, paralysée et exté­nuée à cause de soins inappropriés. Elle aimait saint Joseph depuis longtemps déjà et c’est vers lui qu’elle se tourne pour demander la guérison... qu’elle obtient. Joseph aura soigné le corps de Thérèse avant de s’occuper de son âme et de sa vie spirituelle. Thérèse saura en cela l’imiter en 1571, lorsque nommée Prieure à l’Incarnation, elle commencera par calmer la faim des religieuses avant de les convertir et les amener à Dieu.

Mais de thaumaturge, Joseph va vite devenir l’intercesseur universel. Thérèse affirme qu’ « il nous assiste dans tous nos besoins». Puis, toujours dans le chapitre VI de son autobio­graphie, elle attribue au père nourricier de Jésus une efficacité spéciale pour aider à avancer dans la vertu. Et enfin, elle affirme qu’il est maître d’oraison.

Bien des fois, l’intercession de saint Joseph délivrera Thérèse de difficultés: c’est lui qui procure l’argent néces­saire à la continuation des travaux du premier monastère de la Réforme thérésienne. C’est d’ailleurs le Seigneur Lui-même qui avait manifesté le désir que ce couvent soit dédié à saint Joseph et qui avait affirmé que saint Joseph garde­rait, avec Marie, les portes de ce lieu (Autobiographie xxxII). Lorsqu’elle doit affronter les religieuses de l’Incarnation qui refusent de l’accepter comme prieure, Thérèse garde un calme parfait, serrant contre elle une statue de saint Joseph. C’est lui, pense Thérèse, qui inspira aussi au père Pantoja, chartreux près de Séville, de secourir les carmélites nouvel­lement installées. Il est même là, avec Marie, lors d’une grâce mystique où Thérèse est revêtue en esprit «d’une robe toute éclatante de blancheur et de lumière» (Autobiographie xxxIII)... Bref, saint Joseph, d’habitude si discret, va se faire très présent à la réforme thérésienne et montrera ainsi sa volonté de promouvoir cette oeuvre inspirée.

Cela n’est pas, au fond, étonnant, car la personnalité de saint Joseph correspond bien à l’idéal du Carmel.

 

AVRIL : SAINTE THÉRÈSE ET MISSION

 

Au début du mois de septembre 1560, sainte Therèse fit une expé­rience redoutable. Alors qu’elle était en oraison, il lui sembla, tout d’un coup, qu’elle se trouvait en enfer. Cela fut très bref, mais impossible à oublier. Elle vit « une sorte de ruelle très longue et très étroite », une sorte de « four très bas, sombre et resserré ». A terre, une eau boueuse, pestilentielle, grouillante de reptiles. Au fond, une espèce de trou dans la muraille: c’est là qu’elle se retrouva, « très à l’étroit ». Mais tout cela n’était rien par rapport aux douleurs qu’elle éprouvait — étouffement, désespoir — et qu’elle ne pourra comparer qu’ à une ago­nie de l’âme. Elle remarqua aussi qu’il n’y avait pas de lumière en ce lieu et que pourtant on voyait « tout ce qui doit affliger la vue ». Sainte Therese dira ce lieu « dénué de tout espoir de consolation ». Elle comprit que le Seigneur avait voulu lui montrer par cette expérience la place que les démons lui avaient préparée en enfer à cause de ses péchés —et d’où sa miséricorde l’avait délivrée.

 

En France, au même moment à peu près, François II, jeune roi de quinze ans, vient de succéder à son père Hemi il lorsqu’a lieu, en 1560, la conjuration d’Amboise:

quelques calvinistes cherchant à s’emparer du roi et de la cour. Dénoncés, ils sont arrêtés dans la forêt, puis pen­dus, noyés ou égorgés. D’autres tueries suivront. « En ce temps-là, écrira Teresa en 1565, j’appris les malheurs de la France, les ravages qu’avaient faits ces luthériens, et combien se développait cette malheureuse secte. »(Il s’agissait en réalité de calvinistes; en les appelant « luthériens », Teresa semble refléter l’obsession des Espagnols qui, dans les années 1559-1560, voyaient des luthériens partout.) « J’en eus grand chagrin, et comme si je pouvais quelque chose, ou comme si j’eusse été quelque chose, je pleurais devant le Seigneur et le sup­pliais de remédier à tant de maux. Je me sentais capable de donner mille fois ma vie pour sauver une des nom­breuses âmes qui se perdaient là-bas. » Ces âmes qu’elle croit damnées, Teresa éprouve d’autant plus de compas­sion pour elles — et le désir de les sauver — qu’elle sait maintenant ce que sont les tortures de la damnation, « le comble de la peine des peines ».

Que pourrait-elle bien faire pour Dieu et pour les âmes? Elle se dit qu’elle devait d’abord observer la Règle du Carmel « aussi parfaitement que possible ». Or,  nous savons qu’à l’Incarnation cette Règle était miti­gée, c’est-à-dire adoucie, que les sorties n’étaient pas interdites aux religieuses, que Teresa elle-même en pro­fitait. Malgré la pauvreté du couvent, il lui semblait y vivre « très douillettement, car la maison était vaste et délicieuse ».

Un jour de septembre, sa nièce Maria de Ocampo, qui était en pension à l’Incarnation comme Teresa l’avait été à Notre-Dame de Grâce, lui demanda, à elle et à quel­ques autres, si elles n’étaient pas faites pour être reli­gieuses « à la manière des déchaussées » qui étaient à

l’origine pieds nus dans leurs sandales, et lui dit « qu’il était même possible de fonder un monastère ». Aussitôt séduite par cette idée, sainte Therese en parla à son amie dona Guiomar qui commença à chercher comment cela pour­rait se faire, car il faudrait évidemment de l’argent. Quoique hésitante (malgré son désir de perfection, elle était heureuse à l’Incarnation), sainte Therese recommanda ce projet à Dieu.

 

MAI : SAINTE THÉRÈSE ET LES PRÊTRES

Nous avons vu que sainte Thérèse, à cause de sa maladie se trouvait dans une localité pour être soignée par une guérisseuse. Dans ce village il y avait un prêtre à qui sainte Thérèse alla se confesser. Elle était belle et séduisante : ce prêtre se prit pour elle  <d’une affection extrême>. si plus tard sainte Thérèse jugea bon de préciser que ce prêtre avait compris qu’elle ne se résoudrait « pour rien au monde à quoi que ce soit qui offensât Dieu gravement » et qu’il en était de même pour lui, c’est certainement que l’attirance que le jeune homme éprouvait pour elle aurait pu être dangereuse. Elle avait d’abord rencontré ce prêtre pour se confesser, mais la confiance et l’affection qu’elle lui inspirait étaient si profondes que ce fut finalement lui qui se confessa à sa jeune pénitente. Il lui avoua la situation dramatique qui était la sienne, l’état de perdition dans lequel il se trouvait: voici sept ans qu’il aimait une femme de ce village et qu’il avait des relations avec elle, sans avoir pour autant cessé de dire la messe. Dans le village, nul n’ignorait cette situation, mais personne n’osait en faire reproche au prêtre.

Parce qu’elle l’aimait beaucoup, Teresa eut « grande pitié de lui ». Elle apprit bientôt que sa maîtresse l’avait « ensorcelé à l’aide d’une petite idole de cuivre » qu’elle lui avait demandé de porter au cou « pour l’amour d’elle ». Teresa est certes une femme de son temps, mais ici comme en bien d’autres occasions elle témoigne d’un remarquable esprit critique, car elle note, à propos de l’amulette de cuivre: « Je ne crois pas absolument à la vérité de ces histoires de sortilèges, mais je dirai ce que j’ai vu. » Or il faut savoir que parmi les contemporains de Teresa, nombreux étaient ceux qui croyaient aux sortilèges, et pas seulement parmi les analphabètes.

 

JUIN : SAINTE THÉRÈSE ÉCRIVAINE MYSTIQUE

 

Est-il possible que cette femme sur-occu­pée, sans cesse malade et suspectée, ait pu réaliser quatre oeuvres qu’on appelle mys­tiques : son Autobiographie, le Chemin de perfection, les Fondations et les Demeures.

 

Chacun de ses ouvrages a sa physiono­mie propre. Mais le ton est donné d’une prose vivace, remplie de prières, d’excla­mations, d’observations pertinentes, de conseils chaleureux comme aussi, surtout dans les Fondations, d’un humour irrépres­sible.

 

On l’a dit, à son insu, Teresa travaille à sa notoriété et, disons-le, à sa popularité. L’esprit humain s’interroge encore une fois : comment une femme a-t-elle pu écri­re, et si bien, dans les plus piètres condi­tions?

 

De même que ce dernier, la Sainte du Carmel nous a laissé sa pensée dans des livres que l’on peut considérer comme de véritables joyaux de la littérature chrétienne. Elle n’y aborde finalement pas d’autre thème que celui de l’Oraison dont il a été question plus haut. Chacun de nous, depuis notre baptême, nous portons enfoui au plus profond de notre coeur le Créateur des mondes, le Soleil de Justice.

nous y pensions ou non ; que nous le refusions ou que nous l’aimions, c’est Lui qui nous donne la vie et la lumière, c’est Lui qui nous donne de respirer et de chanter. Faire oraison c’est exposer notre âme, ne fût-ce qu’une fraction de seconde aux rayons de ce soleil pour nous laisser réchauf­fer et, si possible, brûler par Lui. Essayons de mettre en pra­tique ce que nous enseigne la Mère Thérèse et nous verrons que notre vie en sera toute transformée.

 

JUILLET : SAINTE THÉRÈSE ET

Epreuves et persécutions

 

Quel imbroglio ! Pour l’historien et enco­re plus pour le lecteur ! Rien n’est clair en ces temps où le Pape, le Supérieur général, le Roi d’Espagne qui se croit Pape, le Nonce et tant d’autres commandent, se contredisent et s’excommunient.

 

Une seule chose apparaît claire : la madre Teresa voit juste, garde sa sérénité, conti­nue sa route. «En tes jours, tu verras l’Ordre de la Vierge fort avancé». Plus que jamais, elle sait que Dieu tient ses promesses et qu’au bout du compte il a toujours raison.

 

 

AOÛT : SAINTE THÉRÈSE RÉFORMATRICE

 

 

La réforme thérésienne

Au Carême 1554, elle rencontre un Christ très blessé. Larmes. Oraison. Solitude. Elle s’arc-boute sur le sentier étroit. Le ciel se révèle et l’enfer aussi.

 

Les confesseurs n’y comprennent rien jusqu’à ce qu’intervienne un jeune Père jésuite de vingt-quatre ans. Il est le premier d’une série de 3 Jésuites qui, joints aux Dominicains à Fray Pedro de Alcantara et àd’autres, essaient de comprendre cette âme royale. Ils y parviendront à grande peine.

Le monde est en feu Les guerres de religion gron­dent en France répandant la terreur. Que faire pour arrê­ter un tel désastre ? «J’aurais volontiers donné mille vies pour sauver une seule de ces âmes qui s’y perdaient en grand nombre. Mais étant femme et bien imparfaite encore, je me voyais impuissante à réaliser ce que j’aurais voùlu pour la gloire de Dieu. Tout mon désir était, et est encore, que, puisqu’Il a tant d’ennemis et si peu d’amis, ceux-ci du moins lui fussent dévoués. Je me déter­minai donc à faire le peu qui dépendait de moi, c’est-à-dire suivre les conseils évangéliques dans toute la perfec­tion possible et à porter au même genre de vie les quel­ques religieuses de ce monastère». Ce monastère, c’st celui de Saint Joseph d’Avila, fondé le 24 août 1562 et qui sera suivi d’une quinzaine d’autres, bâtis sur le même modèle. Un modèle strictement évangélique fait de pau­vreté, de simplicité, de détachement héroïque, de soli­tude et de prière. La carmélite ne s’enferme pas derrière les grilles pour y jouir égoïstement de la présence de son Jésus ; elle vient pour offrir sa vie en vue du salut du monde. Ainsi que le dira plus tard Édith Stein, l’une des plus émouvantes filles de la grande Thérèse, morte dans un camp de concentration hitlérien «L’Epouse du Christ se tient debout à ses côtés, comme l’Église et comme la Mère de Dieu, qui est l’Eglise dans sa forme parfaite.>

Le don total de son être et de sa vie la font entrer dans la vie et les travaux du Christ, lui permettant de compatir et de mourir avec Lui, de cette mort terrible, qui fut pour l’humanité la source de sa vie. Ainsi l’épouse de Dieu connait-elle une maternité spirituelle qui embrasse l’humanité entière, soit qu’elle prenne part active à la conversion des âmes, soit qu’elle obtienne par son immo­lation les fruits de grâce pour ceux qu’elle ne rencontrera jamais humainement>.

 

Pour mener à bien la réalisation d’une oeuvre aussi prodigieuse, Thérèse reçut l’aide inappréciable d’un autre géant de la sainteté et de la contemplation, Saint Jean de La Croix, chef de file des Carmes de la réforme thérésienne.

 

Donc, le 24 Août 1562, à quarante-sept ans, Teresa inaugure un nouveau style de vie

monastique. Elle s’enferme dans un cou­vent minuscule au nord de la ville hors les remparts : San José, c’est son nom. Oraison. Pénitence. Vie fraternelle dans une étroite clôture.

 

«Tout cela pour l’Église, les prédicateurs, les luthériens» — «Ne dormons pas, ne dormons pas, il n’est pas de repos sur la terre».

 

 

SEPTEMBRE : SAINTE THÉRÈSE Fondatrice

 

 

Au mois d’août 1566, le Père Alonso Maldonado, un franciscain de retour des « Indes », s’était arrêté chez les carmélites de Saint-Joseph. Il avait parlé à leur prieure des « millions d’âmes qui se perdaient là-bas faute de doctrine ». Bouleversée, elle fut prise du désir de sauver quelques-unes de ces âmes. Peu après, une nuit où elle se trouvait pour cette raison dans une grande tristesse, le Seigneur lui apparut et lui dit: « Attends un peu, ma fille, et tu verras de grandes choses. »

 

Or voici qu’en février 1567, pour la première fois, le prieur général des carmes, qui résidait à Rome, vint en Espagne. Son autorité s’étendait sur tout l’ordre du Carmel; les provinciaux eux-mêmes lui devaient donc obéissance. Il s’appelait Juan Bautista Rubeo de Revena.  Sainte Théresa obtint de l’évêque de la ville, don Alvaro de Mendoza, que le Père Rubeo vînt à Saint-Joseph. Là, elle lui fit en partie le récit de sa vie et lui raconta l’histoire de la fondation de ce monastère. Il la réconforta. « Notre manière de vivre le réjouit, il y vit le portrait — imparfait cependant — de ce qu’était notre Ordre à son origine. » Le Père Rubeo approuva également les Constitutions que lui soumit la prieure. Durant son séjour à Avila, il revint souvent àSaint-Joseph pour entretenir les religieuses, et la Madre se prit pour lui d’un  « grand amour ». Il lui donna des lettres patentes qui l’autorisaient à fonder « en tous lieux du royaume de Castille » d’autres monastères où les religieuses vivraient selon la Règle primitive du Carmel, « avec l’habillement et autres façons saintes qu’elles gardent à Saint-Joseph ».

Il avait été question, durant le séjour du Père Rubeo, de la possibilité de fonder aussi des couvents de moines déchaux’, mais cela ne lui avait pas semblé opportun et Teresa n’avait pas obtenu son accord. Aussi, quelques jours après le départ du Père, elle lui écrivit une lettre dans laquelle elle le suppliait de revenir sur sa décision. Sa lettre — qui, hélas, n’a pas été retrouvée — le rejoignit à Valence d’où il lui envoya l’autorisation de fonder deux monastères de déchaux (c’est dire l’impression de force, d’autorité spirituelle qu’elle avait produite sur lui, ainsi

 

Cette autori­sation fut un grand réconfort pour la Madre, mais où trouver le carme susceptible de mettre ce projet à exécu­tion? A sa connaissance, il n’y avait pas un seul reli­gieux qui en fût capable dans toute la province. « Voilà donc une pauvre religieuse déchaussée, sans nulle autre aide au monde que l’aide du Seigneur, chargée de patentes et de bons désirs, mais sans possibilité d’agir. »

Pourtant, pleine d’espérance, la Madre se mit à l’ou­vrage.

 

 

Cinq ans après la fondation de San José, sainte Therèsa emmène ses soeurs à Medina del Campo. Cette sortie cocasse sous des cha­riots bâchés devient emblématique. Elle se reproduira dix-huit fois sous le ciel de Castille et même d’Andalousie.

 

«Femme inquiète et vagabonde» dira d’elle le Nonce Sega. Pour être méchante, la phrase contient une part de vérité. A l’ins­tar du Chevalier à la Triste figure, la dame errante de Dieu doit bouger pour ensemen­cer de carmels la bonne terre d’Espagne. A ceci près : Don Quichotte n’était qu’un rêveur. La Mère fondatrice, les pieds sur terre, la tête en Dieu, consolide la Réforme.

 

La Réforme du carmel féminin, doublée de la Réforme masculine avec Jean de la Croix, de 1576 à 1580 entre dans une pério­de noire.

 

 

OCTOBRE : Une mort en qloire

 

L’histoire de sa fin paraît mesquine, voire ridicule. Le Père Antonio lui commande d’aller à Alba de Tormes. La jeune Duches­se va accoucher. Elle a besoin de la Madre pour accompagner l’heureux événement.

 

La Madre se met en route, épuisée. Le cancer de l’utérus dont elle mourra pro­voque des hémorragies. Parvenue à Alba, l’enfant ducal est né. «Béni soit Dieu ! On n’aura plus besoin de la sainte

 

Du 21 Septembre au 4 Octobre 1582, ce sont les derniers jours criblés de soucis et d’un grand désir: «Ana, dès que tu me verras mieux, trouve une charrette. Mets-moi dedans et partons, partons en Avila

Dès les premiers jours d’Octobre, elle sent qu’elle trépassera ici «On lui donnera bien un peu de terre». Le dernier jour, le 4, elle demeure assoupie, rayonnante jusqu’au soir. A 9 heures, quand l’horloge du dortoir tinte ses coups fracassants, Tere­sa rend le dernier soupir.

 

«Il est temps de nous voir, mon Aimé, mon Seigneur... Enfin je suis fille de l’Eglise».

 

 

FINAL

A une esquisse trop sommaire, j’ajouterai deux conclusions en guise de signature. Je dirai : «Sainte Thérèse est espagnole... vous en savez autant que moi».

 

Même si le monde s’universalise, l’Espagne demeure l’Espagne et les Pyré­nées,d’ une certaine manière, infranchis­sables. La péninsule ibérique a son terroir, sa langue, ses traditions et surtout une his­toire.

 

Thérèse d’Avila en est une des plus nobles expressions. Pour la retrouver ne faut-il pas aller là-bas, pas une fois mais souvent, et en rapporter assez de souvenirs pour en vivre?

 

Par ailleurs, la santa Madre est vivante chez ses filles espagnoles.

 

L’accès à ses communautés est difficile, rare et postule beaucoup de patience, mais lorsque le carmel s’ouvre avec ses «copias», ses castagnettes, ses entretiens drôles et sérieux, on sent qu’une grande âme a passé par là et qu’elle y vit encore, joyeuse, déta­chée d’elle-même, en route vers Dieu.

 

«La mère fondatrice vient en récréation. Chantons et faisons du tapage».

 

 

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